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Interviews
    Interview: Entretien avec Me Pierre-Olivier Sur, ancien bâtonnier du barreau de Paris

    Sotelgui S.A

     lundi 04 avril 2016   

    « On ne peut pas réussir le développement économique sans fondement en termes de libertés publiques et juridiques », dixit Me Pierre-Olivier Sur ancien bâtonnier du barreau de Paris.

    On ne sait pas quelle mouche a piqué votre intervieweur partial, dans l’après-midi de ce mardi 29 mars dernier, à aller titiller l’ancien bâtonnier du barreau de Paris, Me Pierre-Olivier Sur. Il est resté court face au robin tiré à quatre épingles, dans son cabinet sur le boulevard Malesherbes dans le 8ème arrondissement, et visiblement tout ravi de profiter de cette interview pour glisser un truc perso… et une petite leçon de démocratie dans l’oreille de son ancien client, Goby Condé, resquilleur des deux dernières présidentielles guinéennes. Gouttez à la sauce ! Hum !...

    - Il y a longtemps que nous nous sommes vus, depuis le procès de votre client Alpha Condé en avril 1999 à Conakry. C’était la première fois qu’on vous expulsait d’un pays en Afrique jugeant votre présence nuisible à l’ordre public.

    Hé, oui ! C’est un souvenir émouvant, très fort. Un de ces souvenirs qui fondent d’ailleurs le caractère d’un avocat pénaliste. J’ai été expulsé, j’ai été en quelque sorte maintenu à l’ombre, privé de liberté quelques heures mêmes. Et puis voilà ! Et puis je suis revenu. Car il faut toujours revenir. Et puis nous avons plaidé pour Alpha Condé. Et puis Alpha Condé, quelques années plus tard, est devenu président de la République. Et ça fera parti des plus belles success stories de ma vie d’avocat et j’aurais toujours beaucoup d’émotion et de joie à ce souvenir

    - Est-ce que vous l’avez rencontré depuis ? L’état de droit sous sa gouvernance est à la traîne. On croyait qu’avec lui une justice à plusieurs vitesses serait de mauvais souvenirs dans le pays. Hélas !

    Ecoutez ! Depuis qu’il est devenu président. Puisque j’étais là le jour où il était intronisé. J’étais même invité à sa table au déjeuner. Il y avait là le président Ouattara. Il y avait là le ministre Kouchner qui venait de terminer, de sortir de ses fonctions de ministre à Paris. Il y avait là un certain nombre de hauts dirigeants africains.

    On était huit ou douze je ne sais plus à cette table mais j’étais à cette table là. Donc parmi les plus proches. Et puis il se trouve que la vie malheureusement nous a donné lieu à des trajectoires et qui se sont éloignées. Je le regrette. Je le regrette.

    Vous savez que concernant le port de Conakry, je lui demandais qu’il respecte l’Etat de droit, les contrats, et que s’il devait y avoir une rupture de contrat qu’il se conduise, en tout cas la Guinée à travers lui, comme un cocontractant respectueux de ses engagements. Ça n’a pas été possible. Malheureusement. Et je n’ai plus pu entretenir de relation avec lui.

    Vous me parlez maintenant d’autres sujets qui touchent d’une façon plus générale : l’Etat de droit, les libertés publiques, le thermomètre des libertés publiques, le thermomètre de la corruption, le thermomètre de la démocratie. Malheureusement je ne suis pas en mesure de vous en dire plus. Mais je ne peux plus non plus défendre Alpha Condé.

    Puisque nous nous sommes éloignés, je le regrette. J’aimerai qu’un jour il me rappelle, et j’aimerai qu’un jour je lui rappelle : les valeurs communes que nous partagions au moment où nous menions le combat ensemble. Moi, j’ai le souvenir de l’avoir rencontré dans la prison de Conakry. C’est le seul souvenir qui avait été extrêmement médiatisé, hein !

    Je ne viole pas de secret professionnel, je ne vais pas vous dire ce que nous nous sommes dits pendant ce parloir. Mais je vais vous dire la situation. Je me souviens des deux bâtiments de la prison. Je me souviens du quartier des « avariés », cet endroit où les détenus ne sont pas nourris, vivent seulement des miettes que leur laissent les autres c’est-à-dire ceux qui sont nourris par leur famille. Et puis au milieu de la cour il y avait un poulailler grillagé. Et à l’intérieur de ce poulailler une sorte de cabane en tôles ondulées dans lequel on avait mis Alpha Condé, chef de l’opposition. Il était sorti de cette petite cabane en tôles ondulées.

    A l’intérieur du poulailler grillagé, je me suis rendu. Et là je me suis assis sur une chaise en fauteuil en plastique avec lui, il y avait la poussière autour de nous. Et on avait parlé, on avait préparé sa défense. Quand on a vécu des choses comme ça. A chaque instant on peut se retrouver et à chaque instant on peut se prendre dans les bras et reconstruire pour un avenir qui est dans le sens de celui qui avait forgé notre combat commun et c’est ce que peut-être un jour nous ferons.

    - C’est vrai que le général-président Lansana Conté est mort et on a dit à Conakry vive Alpha Condé qui tient aujourd’hui le haut du pavé en Guinée. Quel a été votre sentiment avec son avènement à la magistrature suprême ?

    Je vous l’ai dit ! C’était une émotion. C’était une success-story. C’était une victoire à la fois électorale mais à la fois aussi judiciaire. Puisque tout ça a été passé par un combat judiciaire, un procès. C’était tout ce que nous portons, nous avocats, au plus fort. Et ces combats là quand on les gagne et quand la victoire est transformée par le suffrage universel direct. Eh bien !

    On se dit qu’on est fier d’avoir défendu, qu’on est fier d’avoir plaidé, qu’on est fier d’avoir participé à un procès, qu’on est fier que la justice ait préfiguré le jugement du suffrage universel direct.

    Voilà tous les sentiments outre, c’est de vraie émotion. Qui fait que quand on a connu un homme très bas, le voir au plus haut c’est évidemment quelque chose de formidable. C’est ce qu’on peut trouver de plus beau dans l’aventure humaine. Voilà les émotions qui m’émeuvent encore aujourd’hui.

    - Croyez-vous au développement économique et au devenir de la justice en Afrique pour le prochain siècle ?

    Alors ! Vous me parlez du prochain siècle et vous me parlez de l’Afrique. Il faut parler de la démographie. La démographie en Afrique : elle est ce qu’on sait c’est-à-dire que dans une génération, dans 30 ans, l’Afrique devrait compter environ deux milliards d’êtres humains dont une importante partie parlera français. Cette Afrique-là, elle a une chance de devenir l’une des locomotives du monde occidentale et en particulier de la vieille Europe. A trois conditions.

    Première condition : que le pouvoir politique passe de mains en mains via les règles de la démocratie et de l’alternance. Pour l’instant on ne peut dire que ce soit le cas en Afrique. Et ce n’est que si c’était le cas demain que l’Afrique pourrait devenir une des locomotives du monde occidentale parce qu’il faut d’abord la démocratie. C’est la première condition.

    La deuxième condition c’est que l’Afrique accepte le véhicule du droit, non seulement le droit public et les libertés publiques mais aussi le droit commercial, le droit des affaires, le droit du conseil juridique, le droit qui fait et défait les contrats dans le respect des règles afin que quand on décide d’aller travailler en Afrique on sache exactement quelles sont les règles du jeu. Comme quand on joue aux échecs ou aux dames, il faut être certain que l’adversaire partage la même lecture des règles du jeu. Et si c’est le cas alors le commerce, alors l’industrie, alors les services, alors l’argent, coefficient multiplicateur de l’argent, transformera l’Afrique en une locomotive du monde occidentale. C’est donc la deuxième condition.

    J’ai dit première condition la démocratie, l’alternance. Deuxième condition : le véhicule du droit pour les échanges.

    Et troisième condition : la redistribution entre tout le monde. Il n’y a pas aujourd’hui de développement, de bond en avant sans que ce bond en avant soit réparti entre tout le monde. Je ne suis pas marxiste mais je suis démocrate-chrétien.

    Je pense que les richesses quand elles viennent en abondance, et l’Afrique devra en tirer les fruits qu’elle devra partager. Si elle y réussit alors ce sera une locomotive du monde occidentale et de la vieille Europe. Et aussi ce sera je le pense un modèle économique nouveau. Ce sont les vœux que je forme pour ce continent que j’aime.

    - Parfois aussi on perçoit l’appui de l’occident aux dictateurs africains comme un moyen d’assujettir et d’exploiter encore et encore les ressources naturelles du continent. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    (Silence !) Aujourd’hui vous avez une Afrique qui est située au milieu d’une nouvelle route de la soie. La route de la soie, c’était du temps de Marco Polo, une trajectoire économique et financière qui envoyait les caravanes de l’Italie de la vieille Europe jusqu’à la Chine, en passant par l’Asie centrale, Almata-Saint-Martin etc.

    Cette route de la soie, route de développement économique, route d’enrichissement, elle passe aujourd’hui par l’Afrique. Elle passe aujourd’hui par l’Afrique avec l’Asie du sud qui investit en masse. Et l’Europe, la vieille Europe qui participe à la mise en place des infrastructures de services et au véhicule du droit. Ce n’est plus du tout la vieille Europe qui pille la jeune Afrique.

    Les ports, les mines, le commerce ont changé de centre de gravité vers le grand sud de l’Asie, la Chine et l’Inde. C’est vers ces pays qu’il faut se tourner pour rechercher plus d’éthique et plus de donnant-donnant, on dit gagnant-gagnant. Et l’équation gagnant-gagnant : elle est véritablement déclinée de part et d’autre et de façon égalitaire maintenant entre la vieille Europe et la jeune Afrique.

    - Qu’est-ce qui explique la puissance du barreau de Paris au point que vous avez tenu tête à l’ancienne ministre de la justice, madame Christian Taubira, pour le maintien intact des libertés publiques ?

    Je lui ai tenu tête et je l’ai même mise en échec voire en déroute. Vous-vous souvenez qu’elle voulait d’abord ne pas faire évoluer les unités de valeurs c’est-à-dire le calcul des indemnités d’aide juridictionnelle. Et vous-vous souvenez aussi qu’elle avait mis comme condition pour éventuellement faire évoluer les choses que le barreau contribue financièrement via un prélèvement sur les CARPA (Caisse Autonome de Règlement Pécuniaire des Avocats).

    Les CARPA sont ces banques qui permettent de recueillir l’argent qui vient de nos clients avant d’être reparti entre nos clients et pendant le temps du procès, pendant le temps du deal. Avant le déblocage des choses cet argent dort et apporte un intérêt et qui bénéficie à la profession d’avocat à la fois pour payer l’aide juridictionnelle mais à la fois aussi pour la formation. Eh, bien ! Elle a voulu tout simplement nous prendre directement la CARPA et ne pas faire progresser les unités de valeurs.

    Nous l’avons mise en déroute en indiquant je pense à juste titre qu’on ne peut pas demander aux médecins de financer les sécurités sociales et de même on ne pouvait pas demander aux avocats de financer l’aide juridictionnelle. Et après cette déroute, elle a fini par devoir quitter le gouvernement pour d’autres raisons. Mais il y a aussi un effet d’accumulation.

    Il est vrai que le barreau de Paris est puissant. Il est vrai que le barreau de Paris compte 30.000 membres. Le barreau de Paris pèse 10 milliards de chiffres d’affaires. Le barreau de Paris a un budget de deux cent millions d’euros (200.000.000€).

    Le barreau de Paris gère en tant que argent des clients via la CARPA, son président donc le bâtonnier, quinze milliards d’euros (15.000.000.000€). Donc tout ça pour les 30.000 avocats parisiens effectivement ça représente un poids économique, un poids humain, un poids en termes de valeurs.

    Nous représentons les valeurs des libertés publiques. Le bâtonnier est en quelque sorte un ministre des libertés publiques. Et tout ça pèse dans le débat et c’est bien que la voix du barreau de Paris soit entendue.

    - Votre mandat à la tête du bâtonnat a effectivement pris fin. Qu’est-ce que vous répondez à vos détracteurs qui vous taxent d’être « un avocat de luxe, un politicien plus habitué aux plateaux de télévision qu’aux parloirs » ?

    Mon mandat est terminé depuis le 1er janvier dernier. Mes détracteurs ! Il y en a toujours des détracteurs. Mais ils doivent aussi considérer que j’ai sauvé la CARPA. Et ça c’est mon combat personnel. Ils doivent considérer que j’ai obtenu le rehaussement de l’aide juridictionnelle c’est aussi mon combat personnel.

    Ils doivent considérer que j’ai mis de l’ordre dans les finances de l’Ordre des avocats de telle sorte que j’ai réussi à ne plus appeler les cotisations ordinales d’un quart du barreau. Sept mille (7 000) avocats ne payaient plus de cotisation ordinale pendant mon bâtonnat. Je suis fier de tout ça. Très fier de tout ça.

    J’ai amené mon barreau de maintes, de maintes reprises en Afrique.
    Au Mali pendant Ebola, pendant la guerre, il fallait avoir le courage d’y aller.
    Au Burkina Faso deux fois mais la dernière malheureusement c’était en plein coup-d‘Etat et c’était annulé.

    En Guinée, je n’ai pas pu le faire pour les raisons que je vous ai dites eu égard à ce froid diplomatique entre le président, mon ancien client, et moi. Je le regrette.

    J’ai amené mon barreau à Jérusalem. J’ai amené mon barreau dans des endroits dangereux. J’ai amené mon barreau à Téhéran en Iran, dans des endroits où il y a un manque, un appel de liberté publique et d’avocature. C’est ce que j’ai fait pour mon barreau.

    Si certains viennent dire aujourd’hui que tout ça est trop beau ou trop haut, eh bien, je les laisse à leur critique ayant passé le commandement du navire à mon successeur qui proposera une politique ordinale avec des inflexions différentes. Et ce sont les vertus de l’alternance.

    - Quelle garantie pour un pays qui se donne un développement économique sans un fondement solide pour la justice et la démocratie ?

    C’est pas possible. On ne peut pas réussir le développement économique sans fondement en termes de libertés publiques et juridiques. Sinon ce bon en avant économique est un feu de paille. Si le bon en avant économique n’est pas redistribué, s’il n’est pas cadré par un Etat de droit, s’il ne donne pas aux interlocuteurs en Afrique et ailleurs la sécurité juridique c’est un feu de paille.

    Les mines, l’or, les richesses du territoire, du sous-sol de l’Afrique ne servent à rien, à rien si on ne réussit pas à cadrer par le droit. La preuve d’ailleurs c’est que l’Afrique est le continent le plus riche du monde, le plus riche du monde et pour l’instant l’Afrique, hélas, est aussi le continent le plus pauvre.

    Pourquoi cette inadéquation ? Eh bien ! Parce que l’Afrique n’a pas réussit à mettre en place un : une gouvernance politique qui prévoit l’alternance et qui se fonde sur un système de démocratie, deux : un cadre juridique qui permet de contracter et de savoir avec prévisibilité ce qu’il en va des investissements qu’on place en Afrique, et trois : un système de redistribution économique et financière.

    Si on n’a pas l’addition de ces trois conditions, on a un feu de paille, on a rien du tout ou on a, comme hélas on l’a trop longtemps vécu et souffert, une Afrique richissime par son patrimoine de sous-sol, par ses mines, par son patrimoine naturel, et extrêmement pauvre parce qu’il y a l’inadéquation dont je vous ai parlé tout à l’heure.

    - Quand vous soutenez que « la vérité judiciaire est avant tout une affaire de mise en scène », cela cadre avec la réalité judiciaire en Afrique où la justice est composée, comme le décrit si bien François Guizot, de « magistrats posés ça et là comme des machines, pour intervenir seulement à jour et heures fixes dans des cas rares et réglés ! »

    Oui ! La pire des justices c’est la justice d’apparat. La justice qui présente des magistrats en robes rouges avec leurs airs et mines, et puis leurs mortiers et parfois aussi des gangs blancs qui sauvent par l’apparence une carence de respect des principes. Une justice complètement déficiente. Une justice un peu corrompue. Une justice en pleine décadence.

    Dans ces cas-là, ce ne sont plus pour les éléments du décorum qui font semblant que cette justice existe. Mais c’est évidemment la justice la plus pitoyable du monde.

    Regardez aux Etats-Unis, on n’a pas besoin de robe d’avocat, on n’a pas besoin de robe de magistrat, on n’a pas besoin de perruque, on n’a pas besoin de cette mise en scène que nous avons en Afrique et en France à laquelle je suis très attaché. Mais à condition qu’elle ne se substitue pas à l’exigence très haute qu’on doit placer dans la justice.

    - Votre dernier mot sur l’Afrique, s’il vous plaît !

    Mon dernier c’est que j’espère bien que l’Afrique deviendra la locomotive de la vieille Europe. J’espère que la jeune Afrique sera la locomotive de la jeune Europe dans une génération quand elle comptera deux milliards d’habitants et qu’elle fonctionnera grâce au véhicule du droit pour les contrats, du droit pour l’alternance politique et du droit pour la redistribution des richesses.

    Propos recueillis par Benn Pepito
    Pour www.nlsguinee.com

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